Des sculpteurs

 Pierre-Victor SAPPEY (1801-1856)

 

Elève du sculpteur parisien Nicolo Raggi (1790-1860), créateur de la statue de Bayard, place Saint-André à Grenoble, Pierre Victor Sappey travaille au soubassement du socle de ce monument.

 

Il se rend à Paris étudier chez le maître grâce à la bourse que lui octroie la ville de Grenoble. Au moment de la Révolution de juillet 1830, il est réquisitionné pour garder les entrées du Louvre.

 

Il revient à Grenoble, sa ville natale, en 1831, qu'il ne quittera plus sauf pour un voyage en Egypte vers 1835.

 

Il est le créateur du château d'eau de La Valette, place Grenette (Fontaine des dauphins) et du Lion et du serpent, place de la Cymaise, à Grenoble, et de la statue du Général Championnet à Valence.

 

Pierre-Victor Sappey est lauréat du concours de Turin pour la sculpture, à Chambéry, de la statue du Général de Boigne, appelée communément la Fontaine des éléphants et familièrement « Les quatre sans cul ». Sappey participe également aux décors des bâtiments de la station thermale d'Uriage et sculpte plusieurs tombes : celles de l'architecte Pierre Vagnat, du général Marchand et de la famille Recoura (1855). Il réalise en outre de puissantes et vibrantes sculptures ; la « Mort de Lucrèce », réalisée en 1828, en est un exemple.

 

A côté de sa tombe, se trouve celle de son père mort en 1840 qui était tailleur de pierres dont Pierre-Victor Sappey a réalisé la sculpture.

 


 

Charles-Aimé IRVOY (1824-1898)

Né à Vendôme en 1824 et fils de menuisier, il prépare l'école des Beaux-arts de Paris et obtient le second prix de Rome en 1849.

C'est en 1855 qu'il arrive à Grenoble où il est nommé directeur de l'Ecole de sculpture de 1856 à 1897. Il travaille à cette époque pour des bâtiments religieux.

De 1867 à 1869, il sculpte les bustes de la préfecture de Grenoble et les statues de l'Agriculture et de l'Industrie, à l’ancienne Chambre du commerce et de l’industrie. En 1870, il réalise l'aigle monumental du Dauphiné libéré. On lui doit aussi la Sentinelle gauloise qui se trouvait sur les quais à l'emplacement actuel de la gare de départ du téléphérique, statue aujourd'hui disparue.

Au cimetière Saint-Roch, on trouve ses œuvres sur de nombreuses tombes : le médaillon d'Albin Crépu (1866), les cariatides de Joseph-Marie de Barral ou encore le médaillon du général de Miribel (1897).

Ses relations sont tendues avec la municipalité, qui lui refuse de passer commande pour la création de la statue de Napoléon 1er destinée à la place d'Armes à Grenoble. Il est furieux de voir Urbain Basset être plus considéré que lui, lorsque le « Torrent » de ce sculpteur est placé dans le hall du musée, alors que son « Ronsard » est relégué dans la cage d'escalier du même bâtiment.

 


 

 

Henri DING (1844-1898) 

 

Fils d'un mécanicien, inventeur d'un poêle qui porte son nom, le jeune Henri est remarqué lors de son voyage en Italie par Hébert, directeur de l'Académie de France à Rome.

 

A son retour à Grenoble, il s’empresse de sculpter au cimetière Saint-Roch : les tombes de Raoult et de Bandel, le monument funéraire de Magnan-Christophe (le Temps au tombeau) ; le buste célèbre de Félix Poulat (1897). Il immortalisera, en 1888, le célèbre peintre Jean Achard.

 

Dans la « Dernière Prière » (1889) du caveau de la famille Jouvin, Ding représente une jeune femme aux mains allongées et en mouvement, faisant allusion aux gants fabriqués par le maître gantier, dont cette statue honore le souvenir. Cette statue a été volée dans les années 1980. Il est possible de voir une épreuve en plâtre de cette œuvre au Musée de Grenoble.

 

Ding participe par ailleurs à la décoration de l'Hôtel Primat, aujourd’hui le Grand Hôtel, avec les sculptures de la Pêche et de la Chasse ; de la maison Bertoin, place Victor Hugo ; et du château de Saint-Egrève.

 

Avec la « Muse de Berlioz » (1890), Henri Ding modèle une jeune femme, tenant une harpe, afin d’évoquer à la fois l'orientalisme, l'Egypte et la métaphore du génie créatif de Berlioz qui sut imposer cet instrument dans ses ensembles orchestraux (L'Elio et la Symphonie Fantastique).

 

Dans un tout autre registre, Ding sculpte « Le buste de Gratianopolis », casquée de deux têtes de coqs à crête double et de serpents en forme de collier. Ces deux œuvres se trouvent au Musée de Grenoble. La tombe d'Henri Ding, artiste dont de nombreuses oeuvres ornent les monuments funéraires du cimetière Saint-Roch, se résume tristement à une simple pirerre tombale sobre et quasiment à l'abandon.

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