Des scientifiques

Jean-Paul LACHMANN (1851-1907)

 

 

Issu d’une famille de militaires, dont tous les membres ont opté pour la nationalité française, Jean-Paul Lachmann est né à Brumath aux portes de Strasbourg. Bachelier ès lettres avant la guerre de 1870, il est garde mobile au grade de sergent fourrier pendant le siège de Strasbourg. Fait prisonnier, il est interné à Rastadt dans le Grand-duché de Bade. La famille Lachmann, refusant le joug allemand, vient s'établir à Saint-Etienne. Pendant que ses frères embrassent la carrière paternelle, Jean-Paul commence ses études de pharmacie à Paris, puis il obtient sa licence à Lyon.

 

Préparateur en géologie de 1879 à 1882, ce jeune chercheur devient chef de travaux, puis accepte même la fonction d'aide naturaliste au Parc de la Tête d'Or. En 1884, il est chargé de cours à la Faculté des sciences de Lyon. Lachmann publie, dans les annales de la Société botanique de Lyon, des articles sur l'anatomie des organes souterrains des fougères. C’est à la Sorbonne qu’il soutient, en 1889, sa thèse de doctorat ès sciences : "Contributions à l'histoire naturelle de la racine des fougères".

 

A 41 ans, promu docteur ès sciences, Lachmann accède à la chaire de botanique de la Faculté de Grenoble. Son travail sur la fougère le rend célèbre dans les milieux scientifiques. En 1893, c’est à son initiative que le jardin alpestre de Chamrousse et celui du Lautaret sont créés dans le but de sauvegarder les espèces rares de montagne. Au Jardin des plantes, Lachmann élabore le jardin botanique destiné à l'enseignement pédagogique.

 

De 1896 à 1900, l’illustre professeur est adjoint au maire de Grenoble Stéphane Jay. Il est chargé de l'instruction publique, des beaux-arts et des promenades publiques. Pendant son mandat, Lachmann achève la construction de l'Ecole de médecine ; crée de nouveaux laboratoires à la Faculté des sciences ; transforme l'école Vaucanson en Ecole pratique de commerce et d'industrie ; crée plusieurs écoles maternelles et surtout les cantines scolaires, fait novateur pour l’époque.

 

Lachmann préside, en 1902, la réunion des délégués de l'ancienne Société radicale et du Groupe radical socialiste pour fonder le Parti Radical et Radical-socialiste à Grenoble.

 

Alfred Faure, député de Lyon et membre du Grand Orient de France, disait en parlant de Jean Paul Lachmann : "Nous avions en commun l'amour de la science et une solide foi républicaine... Comme les graines, les idées fécondes issues des progrès des sciences naturelles devaient, selon lui, se répandre et assurer l'évolution humaine vers des conditions meilleures..."

 


 

 

Wilfrid KILLIAN (1865-1925) et Conrad KILLIAN (1900-1950) 

 

Wilfrid Killian, né à Schiltigheim en 1865 près de Strasbourg, arrive à Grenoble après la guerre de 1870. Membre de l’Académie des sciences de Grenoble, il succède à Charles Lory à sa chaire de géologie, en 1889. Wilfrid Killian précise et poursuit le travail de son prédécesseur sur la théorie des failles, étudiant notamment la formation et la stratigraphie des pré-Alpes.

 

En 1922, Conrad âgé de 24 ans, après de brillantes études au lycée Champollion et géologue à l’instar de son père, part en expédition dans le Hoggar pour explorer le Sahara. Il veut vérifier si le sous-sol du désert recèle du pétrole comme il tente de l’affirmer aux autorités françaises sceptiques.

 

Au fil du temps, l’or noir attise haine et convoitise. Conrad, qui a une idée précise de la localisation des sites à prospecter, est contacté à plusieurs reprises par des puissances étrangères et notamment le Royaume Uni. Il refuse de collaborer et de fournir le moindre détail sur ses découvertes.

 

On le retrouve pendu dans sa chambre d’hôtel, rue Thiers à Grenoble, le 29 avril 1950. Si sa mort est restée longtemps une énigme, il ne fait pratiquement plus aucun doute aujourd’hui qu’il ne s’agisse d’un assassinat.

 

 


 

Victor PIRAUD (1878-1955)

 

Victor Piraud, né à Grenoble le 5 décembre 1878, est attaché au laboratoire de zoologie comme préparateur adjoint à partir de 1909. En 1910, en compagnie de son ami Hippolyte Muller, il découvre dans l'Ardèche les grottes de Labeaume.

 

Il termine sa licence en 1911 et rédige plusieurs publications zoologiques, dont deux études importantes : l’une sur la maladie coccidienne de la tanche et l’autre sur l'hydrobiologie piscicole des cours d'eau dans la partie sud du massif de Belledonne.

 

Lorsque la guerre éclate en 1914, Victor Piraud est engagé volontaire. Il reçoit la croix de guerre et une citation au 47ème B.C.A., en 1916, pour blessures. Tous ces événements militaires l'empêchent de continuer ses travaux scientifiques qui lui auraient permis de prétendre à une carrière universitaire.

 

Cependant, il est nommé par la municipalité, conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Grenoble. C'est dans les sociétés savantes de Grenoble que Victor mène ses brillantes conférences dont les sujets sont, par exemple : « La présence des marmottes dans le Vercors au quaternaire » ou encore « La momie du singe du Muséum de Grenoble ». Il traite même de la topographie du sol grenoblois et de ses rapports avec l'archéologie. Il parle avec aisance de l'argonaute, des lémuriens de Madagascar ou encore des dégâts causés par les insectes dans les meubles.

 

Officier de la Légion d'Honneur, Victor Piraud crée une salle vivante de la faune alpine au Muséum. Il achète petit à petit des meubles et des vitrines pour l'agencement des collections minéralogiques tout en aménageant, non sans peine, la salle des mammifères marins.

 

Il transfère le jardin zoologique, implanté dans le Jardin des Plantes, au parc de l'Exposition universelle de la houille blanche et du tourisme en 1925. Des cages sont alors construites pour des animaux très variés ainsi qu’un poste de garde animalier. On y découvre les ours du Caucase, dont la terrible femelle arrache le bras du jeune lycéen Jean Pietri en un jour de 1943, et des chamois dont la mort du dernier, en 1946, sonne le glas du parc zoologique.

Victor Piraud, administrateur bienveillant et soucieux de son personnel, a fait abattre, sous l'occupation, les cygnes du Jardin des plantes pour nourrir les familles des fonctionnaires travaillant au Musée.

 

Au seuil d'une vie bien remplie, il devient en 1941 conservateur honoraire du Muséum puis conservateur remplaçant au Musée dauphinois à la veille de sa mort le 30 septembre 1955.

 




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