Des hommes politiques

Honoré-Hugues BERRIAT (1777-1854)

Maire de Grenoble de 1835 à 1842

 

 

 

Grenoble est encore une ville d'universitaires et de militaires, alors que les activités mécaniques apparaissent avec les industriels Brenier, Joya, Bouchayer et Vicat, et ceci dans un temps où le préfet domine encore la scène politique.

 

Honoré Hugues Berriat entame une carrière dans la magistrature lorsqu'il est nommé maire par le préfet de l'Isère. Il entreprend alors de faire paver les rues et construire les premiers quais de l’Isère. Berriat, homme d’action, est à l’origine de la réalisation du pont suspendu sur le Drac, le premier du genre en France, une véritable prouesse technique pour l'époque. Par ailleurs, il décide de remplacer les réverbères publics alimentés à l’huile végétale, très peu efficaces, par des réverbères alimentés au gaz de ville.

 



 

Louis CROZET (1784-1858)

Maire de 1853 à 1858

 

 

 

Élève à l'école Centrale et ami fidèle de Stendhal, Louis Crozet est reçu à l'école Polytechnique en 1800. Il devient ingénieur des Ponts et Chaussées, puis inspecteur. Crozet dirige plusieurs ouvrages dans le département de l'Isère, notamment le pont suspendu sur le Drac. Il est nommé maire en 1853.

 

"Il était un de mes amis les plus intimes... maintenant ingénieur en chef...  C'est sans comparaison celui des dauphinois auquel j'ai connu le plus d'esprit et de sagacité et il avait cette audace mêlée de timidité nécessaire pour briller dans un salon de Paris". Stendhal dans La Vie de Henry Brulard - chap.XXIX .

 

 


 

 

Claude-Irénée dit Ernest  CALVAT (1823 -1898)

Maire de Grenoble de 1871 à 1874

 

 

Le 5 septembre 1870, la commission municipale provisoire, comprenant des élus modérés et une majorité de radicaux, dont Edouard Rey, décide d’afficher une proclamation, sur les murs de la ville, en faveur de la République « après 18 ans de honte et de malheur ».

 

Le 1er mai 1871, les élections municipales désignent Ernest Calvat comme maire de la Ville de Grenoble. Le Préfet de l’Isère, ayant la charge de nommer les maires des villes de plus de 20 000 habitants, entérine le souhait de la nouvelle municipalité.

 

Le premier acte d’Ernest Calvat et de son conseil municipal est d’envoyer à l’assemblée nationale une déclaration demandant la cessation des hostilités dirigées contre la Commune de Paris, l’élection d’une nouvelle assemblée qui fera la République et la revendication des libertés municipales : « Assez de sang et de ruines ! Trop grande est déjà votre responsabilité, il n’est pas admissible qu’une assemblée française ne trouve d’autres moyens de solutions que l’écrasement de la capitale … La République est le seul gouvernement de droit, le seul légitime, le seul qui puisse fonder l’ordre … ». Signé Ernest Calvat, Auguste Arnaud, Joseph Flandrin, Alphonse Finet, Auguste Gaché, Victor Raoult, Edouard Rey.

 

Elu pour un second mandat, Ernest Calvat, victime d’une cabale politique, est évincé sur ordre du préfet de l’Isère selon les volontés de la présidence de Patrice de Mac-Mahon. Malgré cela, il est resté populaire et reconnu pour son intégrité. 

 

Dans la même sépulture est inhumé son fils:

Ernest Jean-Marie CALVAT (1852 -1910)

 

Sur la stèle envahie de lierre, c’est Ernest Jean-Marie Calvat, le fils du Maire, qui est représenté dans un médaillon en bronze sous lequel figure la mention « A Calvat, les chrysantémistes » entourée de deux chrysanthèmes.

 

Ernest Calvat entre tout d’abord dans l’industrie gantière comme beaucoup de grenoblois à l’époque. Mais il abandonne vite ce métier pour se consacrer, à partir de 1890, à l’horticulture. La culture des fleurs, et principalement celle du chrysanthème dont il crée une nouvelle race, devient une passion dévorante pour laquelle il investit une grande partie de sa fortune et celle de sa femme.  En 1888, le rosiériste Schwarts donne le nom de « Madame Ernest Calvat » à une rose, en l’honneur de l’épouse de ce dernier, Marie Calvat, née Perrin et fille d’un gantier lyonnais, qui décèdera en 1896 de l’influenza à l’âge de 37 ans.

 

 


 

 

Auguste GACHE (1838-1925)

Maire de Grenoble de 1875 à 1881 et de 1888 à 1896

 

 

De 1870 à 1914, Grenoble devient une grande ville industrielle. Elle compte tout d'abord 40 000 habitants pour atteindre les 80 000 en 1914 ; avec 25 % d'ouvriers, 15 % de militaires, 10 %  de professions libérales et de rentiers, 5 % d'employés de l'administration, 6 % de patrons d'industrie et 4 % de domestiques.

 

L'évolution de la ville se fait de concert avec l'expansion de l'industrie. On doit à Auguste Gaché la couverture du canal des Moulins de Canel et les premières saignées dans les vieux quartiers avec la création de la place Sainte-Claire.

 

 


 

 

Edouard REY (1836-1901)

Maire de Grenoble de 1881 à 1888

 

Édouard Rey est né le 13 juillet 1836 à Grenoble. Jusqu’à 30 ans, il travaille dans la ganterie familiale. Journaliste à l’occasion, il créé le journal le Réveil du Dauphiné afin de soutenir les ouvriers. Très vite attiré par la politique avec son frère Aristide qui sera député, il participe au comité municipal exécutif de Grenoble dès 1870. Son mariage avec la fille du gantier Xavier Jouvin le fait rentrer par la grande porte dans l’industrie gantière.

En 1881, élu maire de Grenoble à la suite d’Auguste Gaché, il laisse le soin à sa femme de diriger sa ganterie. Visionnaire, précurseur et audacieux à la fois, il déclare devant le Conseil Municipal que Grenoble étouffe dans ses fortifications et qu’elle doit s’ouvrir en direction du Drac afin de devenir une « ville phare ».

Après le déclassement administratif des fortifications en 1882, il créé de nombreuses voiries en direction d’une gare encore isolée : l’avenue Alsace-Lorraine, les boulevards Gambetta, de Bonne (future rue Édouard Rey), les places de Metz et Victor Hugo. Il va ainsi quadrupler la superficie de la ville.

Côté équipement, il créé des écoles, le lycée Champollion, un Hôtel des postes, le tout à l’égout, un bassin de natation et surtout améliore le captage de l’eau de la source de Rochefort.

Passionné d’hydroélectricité, Édouard Rey organise la première expérience électrique de France le 14 juillet 1882 sur l’actuelle place de Verdun ainsi qu’un transport d’électricité entre Vizille et Grenoble l’année suivante.

En 1886, son côté autoritaire déclenche de violentes critiques du journal Le Petit Dauphinois qui le décrit comme un dangereux visionnaire. Élu sénateur en janvier 1888, il ne se représente pas aux municipales d’avril. En 1892, son mandat de sénateur n’est pas renouvelé, mais les isérois lui en donne un autre en 1897 qu’il n’achève pas, car il décède le 4 avril 1901.

 

 


 

 

Félix POULAT (1846-1896)

Maire en 1896

 

 

Félix Poulat est un fervent républicain, de formation juriste. Il entre au barreau de Grenoble en 1869. Très vite, cet homme affirme ses idées politiques lorsqu’il traite Napoléon III de « bandit couronné » ; ce qui lui vaut un mois de prison ferme. En 1870, on retrouve notre trublion dans l’affaire des mitrailleuses stockées à Grenoble qui doivent être acheminées à Paris et qui ne partiront jamais grâce aux manifestations des grenoblois.

 

Félix Poulat se lance dans le journalisme et monte parallèlement une brasserie à Saint-Egrève alimentée par une centrale hydroélectrique qui se situe en bordure de la Vence-en-Chartreuse. Le surplus d’électricité sert à éclairer le village de Saint-Egrève.

 

Elu maire de Grenoble, en 1896, Félix Poulat meurt malheureusement d'un accident de calèche, vers Proveysieux, à l'âge de 49 ans.

Photo par A. De Borgnol


 

Stéphane JAY (1853-1917)

Maire de Grenoble de 1896 à 1904

 

Stéphane Jay est patron gantier à l'époque faste de la ganterie grenobloise, dont les produits s'exportent jusqu'en Amérique. Sa maison E. & S. JAY a été créée en 1877 et fabrique des gants chevreau, agneau et suède de belle qualité.  Elle prend part aux Expositions de Melbourne et de la Nouvelle-Orléans et obtient chaque fois la première médaille.

Sensible aux questions sociales, il adhère très jeune au Parti Radical et se dévoue pour la cité. Il devient conseiller municipal et conseiller général.

En 1896, après la mort accidentelle de Félix Poulat, il est élu maire de Grenoble

Très actif, Stéphane Jay contribue, notablement, à l'embellissement de la ville en élargissant plusieurs voies : rue Félix Poulat, rue Frédéric Taulier, rue Condorcet, cours Jean-Jaurès, boulevard Édouard Rey, place de la Gare ...

Ces ouvertures entraînent la démolition de bâtiments vétustes et leur remplacement par des immeubles confortables, souvent de style Haussmann, comme ceux bordant l'actuelle place Dubedout, le cours Jean Jaurès ou comme la Chambre de Commerce. On lui devra également la fontaine des Trois ordres, place Notre-Dame, et le pont de la Bastille construit par les ateliers de Gustave Eiffel.

Conseillé par Aristide Bergès, il étend le réseau de distribution électrique à toute la ville, après avoir créé la Régie municipale du gaz et de l'électricité. Il fait électrifier le tramway, jusque là tiré par des chevaux.

En 1902, bien que républicain, Jay milite pour exempter les Chartreux des rigueurs de la loi sur les congrégations. Cette prise de position lui vaut de violentes critiques et, l'année suivante, un échec à sa candidature au Sénat. Il ne se représente pas à la mairie en 1904 et se retire alors de la vie publique.

Photos par Monique Bonvallet

 


 

Docteur Léon MARTIN (1873-1967)

Maire de 1932 à 1935 - de 1945 à 1947 - de 1949 à 1959

 

 

Originaire du Trièves, ce dauphinois, issu de la terre, est un maire aux convictions solides, mais également un bon administrateur. Successeur de Paul Mistral en 1932, sa carrière le mène successivement au Conseil général, puis à la députation.

 

En 1940, il refuse de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, comme c’est le cas de Séraphin Buisset, conseiller général et maire de Rives, de Lucien Hussel, conseiller général et maire de Vienne, ainsi que des 80 autres parlementaires français.

 

Durant ses nombreux mandats de maire, il réalise une partie des grands boulevards, l'Office public d'H.L.M, la Régie du gaz et de l’électricité, le téléphérique en 1935 et le stade municipal Charles Berty en 1936.

Photo par C. Weller

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