Des entrepreneurs

 

Hyacinthe Camille TEISSEIRE (1764-1842)

 

Hyacinthe Camille Teisseire a exercé son métier de liquoriste entre la place Grenette et la rue de la République, autrefois appelée rue de la Halle, celle-ci débouchant sur la place Grenette par le passage Bougie.

 

A cette époque, la famille Teisseire loge dans une partie de l'ancien Hôtel de Rabot, aujourd'hui la librairie Arthaud. C'est avec envie que le jeune Henri Beyle, futur Stendhal, regarde alors, de sa fenêtre, jouer les enfants Teisseire. Son père, Chérubin Beyle, prétendu noble, lui interdit formellement de fréquenter les fils d'un marchand. « Camille Teisseire s’était enrichi, ou plutôt son père s’était enrichi, en fabriquant du ratafia de cerises ce dont il avait une grande honte. » La Vie de Henry Brulard, Stendhal.

 

Cependant le ratafia de cerises de Hyacinthe Camille Teisseire fait déjà la renommée de sa maison. Casanova de passage à Grenoble, en 1760, évoque la "divine liqueur".

 

Teisseire embrasse la carrière politique comme député de l'Isère, en 1829, puis en qualité de sous-préfet de la ville de Tournon.

 

Les grenoblois lui doivent, entre autres bienfaits, l'assèchement des marais entre Poisat et Saint-Martin-d'Hères, dont les terrains et la cité portent aujourd’hui son nom.


 


 

 

Joseph JULLIEN dit "COCHARD" (1803-1886) 

 

Joseph Jullien, fils naturel d'une couturière, est né à Grenoble, rue Créqui. Aventurier dans l'âme, il est expert-vétérinaire avant de devenir, entrepreneur de messagerie, en 1849, entre la capitale des Alpes et la ville de Lyon.

 

Alors qu'il habite place Grenette et possède divers appartements, Cochard décide d'acquérir, en 1855, une propriété à Saint-Martin-le-Vinoux, par amour pour Jeanne-Marie Laverrière, son épouse en secondes noces.

 

Les aménagements sont considérables et la cimenterie Dumollard et Viallet, pour faire les travaux de terrassement, va même jusqu'à gagner du terrain sur l'Isère. La construction de la villa s'étale sur trois ans, de 1864 à 1867. Si nous ne connaissons pas le nom de l'architecte ni ce qui motive Cochard à construire dans le style mauresque, on peut affirmer en revanche que "cette folie" orientaliste le ruine, car il doit la vendre en 1878.

 

La villa est un mode de construction très apprécié de la bourgeoisie du XIXe siècle. L'architecte César Daly, disciple de Viollet Leduc et restaurateur de la Cathédrale Sainte Cécile d'Albi, propose des modèles de villas à sa clientèle dans son catalogue de "L’Architecture privée du XIXe". L’architecture orientaliste connaît un engouement à cette époque. La Casamaure, dont les décors extérieurs sont entièrement fabriqués en béton selon le procédé du moulage, en fait bien partie.

 

Cochard, cet homme passionné, qui vécut trois mariages : avec Rosine, une couturière de gants épousée à 15 ans ; Jeanne-Marie, une marchande de nouveautés à ses côtés pendant 20 ans ; puis Alexandrine, plus jeune que lui de 29 ans, repose au cimetière Saint-Roch, entre ses deux premières épouses, dans une chapelle dont la porte est encadrée par deux flambeaux renversés et surmontée d’un fronton décoré d’un hibou.


 

Paul-Louis MERLIN (1882-1975) 

 Après avoir travaillé en qualité d'ingénieur pour différentes entreprises grenobloises telles que La Romanche, Paul-Louis Merlin, homme d'action, décide de fonder sa société avec son associé Gaston Gérin.

 

Vers 1937, il réalise la mise au point des premiers disjoncteurs pneumatiques puis, en 1939 des transformateurs à quartz. L'entreprise atteint ainsi, après la guerre en 1949, le chiffre de 3 000 employés.

 

Le succès ne s'arrête pas là car, en 1950, l'activité électronique débute. L’année 1958 marque le démarrage de l'électronique nucléaire et deux ans plus tard, des ateliers Merlin-Gérin sort le disjoncteur pneumatique à pression permanente.

 

A la fin des années soixante, il fonde de nouvelles sociétés à Meylan, à Montmélian, à Alès et … jusqu'en Grande-Bretagne. Sous une apparente rudesse, Paul-Louis Merlin parle avec affection de ses collaborateurs en qui il a une totale confiance. Cet industriel éclairé favorise, en précurseur, la formation professionnelle de manière importante en 1923.

merlin-cw.jpgPhoto par C. Weller

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